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Des avions, des villages et des hommes

Le lieutenant Benjamin Martin pilotait un Republic P-47 Thunderbolt, modèle P-47 D-28 RA, numéro de série 42-8610, identification OS-Q, baptisé « Reddy For Action ». Il appartenait au 357e Squadron du 355e groupe de chasse de la 8e armée de l'air américaine.

Dans le cadre de la mission 8AF-198 du 29 janvier 1944, son unité était chargée de l'escorte des bombardiers revenant de Francfort. Le lieutenant Martin occupait la position n°3 dans la section Bleue de l'escadrille commandée par le capitaine Wilson. Par suite d’une attaque de la chasse allemande, il fut amené à poser son avion endommagé à proximité d'Ath. Voici un extrait de son récit.

 

Rapport d'évasion E&E 657 (www.cometeline.org/fiche276.html)

Pour ma 24e mission, ce 29 janvier 1944 nous devions aller au-dessus de Francfort.

Ce jour-là, nous fûmes au rendez-vous comme prévu. Alors que nous approchions la région de Francfort., le ciel disparu sous une nuée de Messerschmidt Bf 109. Ce fut une sacrée rencontre et les combats aériens se déclenchèrent dans toute la zone. Notre section avait poursuivi deux Bf 109 en descente jusqu'à 2 000 pieds. Après avoir mis quelques coups au but, il fallait maintenant tirer sur le manche avant une rencontre inopportune avec le sol, pointer le nez vers le haut et mettre le cap sur l'Angleterre.

 

Nos réserves de carburant étaient basses. Nous avons donc continué à grimper vers une position plus confortable et nous étions aux environs de 20 000 pieds lorsqu’un Allemand que personne n'avait vu arriva sur mon arrière et me balança une bonne rafale de ses canons de 20 mm. Je pouvais vraiment entendre ses canons et voir les étincelles, les flammèches et les impacts autour de ma verrière lorsque "Boum", mon avion fut touché au niveau de la partie arrière du stabilisateur horizontal. C'est moche quand vous ne pouvez pas voir le gars qui vous arrive par-derrière, mais à cet instant, c'est l'instinct de survie qui fonctionne. J'ai donc basculé le nez vers l'avant et tenté une action d'évitement en piqué augmentant ainsi dangereusement ma vitesse puisque je plongeai vers le sol mannettes à fond, moteur pleins tours, refroidissement ouvert.

 

À ce moment, les commandes répondaient à mes actions et il me semblait qu'aucun câble n'avait été touché par les tirs. Je ne voyais aucun adversaire derrière moi ni plus aucun impact de tir. J'ai donc supposé que grâce au poids et à la vitesse de mon avion, j'avais pu le semer. À ce moment, mon manche à balai fut pris de la danse de Saint-Guy et mes instruments étaient figés. Instinctivement, je me suis souvenu de mon entrainement à Philadelphie. Utiliser le trim manuel de manière à réduire le flux d'air sur les ailes, libérer les volets et les commandes. J'avais atteint l'altitude de 1 500 pieds lorsque je pus me sortir de ce plongeon. J’ai immédiatement réduit les gaz et les tours moteur et je suis entré dans une épaisse couche de nuages. Merci mon Dieu pour cette couverture nuageuse. J'ai pu reprendre ma respiration, me stabiliser et mettre cap sur l'Angleterre.

 

J'ai ouvert ma radio pour envoyer un message à ma section, où qu'elle eut pu être. Mon nom de code pour cette section était Blow Ball 3. Mon message fût donc : « Blow Ball Blue Leader, ici Blow Ball Blue 3. J'ai été touché, mais il semble que je puisse contrôler l'avion et je mets le cap sur la base ». Mon message fut reçu par le capitaine Wilson qui commandait la section Bleue et sa réponse fut : « Gardez ce cap et bonne chance. J'espère que vous arriverez à rejoindre la base. »

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